31 jan — 23 fév
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Alpes japonaises

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Direction Nagano et un peu moins de 2 h de train à grande vitesse, le fameux shinkansen.

Photo du voyage

Une fois arrivée à Nagano, nous devons rejoindre Yudanaka pour notre étape. Nous reprenons un nouveau train local pour une petite heure. Nous arrivons à Yudanaka en pleine nuit à l’hôtel, que l’on pensait être un ryokan. Finalement, c’est un hôtel classique mais avec une approche ryokan. Par exemple, nous gardons les chaussures dans le hall mais avons un espace pour les enlever dans la chambre.

L'hôtel arbore un style japonais. La chambre est grande, confortable et la vue semble dégagée. Nous avons même notre petit onsen privé : un privilège. Par ailleurs, nous avons des vêtements à disposition, il s’agit de yukatas, des sortes de kimonos décontractés, et faciles à mettre. (Note de Matthieu du futur : à vrai dire, de nombreux hôtels mettent des vêtements équivalents à disposition.)

Pas le temps de se niaiser : nous enfilons les yukata (en faisant probablement quelques faux pas) pour rejoindre l'espace restauration et un dîner typique servi selon la tradition japonaise (les serveurs rentrent et sortent de la salle mise à notre disposition à genoux). Le dîner est bon mais manque peut-être un peu de texture.

Nous passons un très agréable moment. Après le repas : direction les onsens collectifs. L’installation est de qualité, place à la détente.

Nos petits-déjeuners seront pris séparément. En raison de l'aversion de Matthieu pour le poisson, il bénéficie d'un traitement de faveur et a le droit à un petit déjeuner avec une omelette préparée minute dans le restaurant de l’hôtel. Pour Mathilde, ce sera un buffet continental… sans poisson.

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Après nous être restaurés, nous profitons une dernière fois du onsen.

Nous rejoignons ensuite le Jigokudani Monkey Park : un parc naturel avec des macaques japonais qui se prélassent dans des sources chaudes.

À notre grande surprise, les singes sont parfaitement indifférents à notre présence. Nous avons pu en apercevoir de nombreux, les voir se battre ou encore se câliner, c’était assez rigolo.

À quelques encablures à pied du Snow Monkey Park, il existe de très nombreux villages thermaux, nous en profitons donc pour rejoindre Shibu Onsen. Petite balade dans un village typique qui semble figé dans le temps. Il n’y a quasiment aucun touriste, contrairement aux étapes précédentes. Cela fait du bien et nous comprenons que s’éloigner de cinq minutes du spot Instagram est bien plus agréable et typique. De plus, nous en profitons pour faire un onsen dans un ryokan, accueillis par un vieux monsieur qui parle peu anglais et nous manquons de réseau pour utiliser les traductions. Folklorique.

Finalement, nous rentrons à Nagano. Arrivés à l'hôtel, nous posons rapidement nos affaires et nous partons nous équiper pour la montagne. Les températures prévues s'annoncent sibériennes (-16 °C à 2000 m)… Problème : Matthieu n’a pas apporté de pantalon de ski et nous demandons à l’hôtel où trouver une location de raquettes et du matériel de ski. Après l’incompréhension de notre demande par le personnel (qui n’a pas l’air très habitué aux randonnées), ils nous indiquent un magasin de sport d’hiver.

Après cette interlude shopping, il va falloir se restaurer. Nous souhaitons goûter de nouveau des tempura et nous tombons sur un délicieux petit restaurant. Le service se fait par l'intermédiaire d'un distributeur qui nous donne des tickets que nous passons à la dame qui s’occupe du service (assez surprenant mais courant au Japon).

Nous nous installons à notre place et la gentille Japonaise nous sert de succulentes tempura (meilleures jamais mangées pour nous deux malgré notre expérience récente chez Alleno et le service de tempura de champignon). Nous l’avons indiqué au cuisinier qui nous a répondu par un petit ricanement. Ce repas délicieux aura en plus été très économique...

Au réveil, nous partons vers la station de ski huppée locale : Hakuba, avec l'ambition de faire de la randonnée en raquettes.

Après 1 h 30 de car, nous descendons au « Snow Pit » et tentons de louer les raquettes. Quelle ne fut pas notre déception quand nous avons constaté l'absence de loueur de matériel de montagne. Le “Snow pit” est un bâtiment au milieu d’un champ, avec un Starbucks, un mini office du tourisme et un magasin de savon, pas une remontée mécanique ou un loueur de matériel en vue.

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Heureusement, au comptoir d'information, nous tombons sur une adorable Japonaise qui a sauvé notre journée. Elle nous envoie vers un magasin de location de ski et nous réserve le taxi pour le rejoindre.

Première expérience en taxi japonais : les véhicules sont parfaitement entretenus avec un charme désuet. Un mécanisme assez spécial permet de manipuler la porte pour les passagers automatiquement, c’est plutôt magique la première fois de voir la porte s’ouvrir toute seule. Le taximan a largement l'âge de la retraite en France…

Une fois équipés, nous partons depuis le magasin pour la randonnée raquette. L’aménagement et le balisage des sentiers pour les randonneurs et les raquettes est assez rudimentaire (nos indications étant : “suivez la rivière”).

Nous tentons quelques audaces, faisons quelques chutes et rigolons bien. Après 30 min hors des sentiers battus, nous retrouvons un chemin propice à la randonnée.

Après être rentrés à Nagano et s’être fait refouler du restaurant de tempura (on ne plaisante pas avec les horaires ici), nous nous dirigeons vers un restaurant de soba. Ce type de nouilles au sarrasin est la spécialité de Nagano.

Nous trouvons un restaurant plutôt bien noté à 15 minutes de l’hôtel. Il y a un QR code pour commander et Matthieu commande une boisson gratuite. La serveuse vient, en s’excusant et en nous disant que les livraisons gratuites sont réservées pour les “hosts”. Ainsi, nous comprenons qu’il s’agit probablement d’un host bar, ces bars dans lesquels vont les Japonais pour avoir de la compagnie et discuter avec de charmantes jeunes femmes et hommes. Nous nous demandons ce que nous faisons là.

Cependant les soba étaient très bonnes. Nous avons également pris une salade et nous avons compris que les salades au Japon sont très bonnes et très bien assaisonnées, elles sont bien meilleures qu’en France. En rentrant à l’hôtel, nous réalisons que le quartier est un quartier rempli de bars à hôtesses. En effet, il y a des photos de femmes, partout, présentées de manière assez kitsch, c’est assez particulier.

Nous projetons de visiter le site de Togakuchi Jinja: site sacré en plein cœur des montagnes.

Pour cela il faut prendre le bus. Nous arrivons juste avant le départ et malheureusement plus de place. De plus, le site de Togakushi, en montagne, est a priori bien enneigé. Nous retournons donc nous équiper en conséquence à l'hôtel, puis nous partons direction le temple Zenkoji et le vieux Nagano.

Cela nous réconcilie avec la ville, que nous avions étiquetée comme Grenoble des Alpes japonaises (comparaison peu flatteuse mais bien réaliste considérant l'esthétique et l'architecture de la ville). En revanche, le vieux Nagano est très mignon, avec des maisons typiques japonaises. Visite au pas de course avant de retourner vers la gare.

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Après une bonne heure de bus, nous arrivons au point de départ de la randonnée du jour. En plein milieu d’une forêt au cœur du massif montagneux se trouve Togakushi Jinja, un site très paisible entouré de cyprès japonais d'une hauteur assez impressionnante. Nous ne regrettons pas les bâtons de randonnée et les vêtements de ski à cause de la quantité de neige. Dès que l’on sort des sentiers battus, nous sommes seuls. La promenade est très agréable, envoûtante, mais attention à ne pas s'abandonner à trop de rêveries, des ours pourraient nous surprendre…

Nous rencontrons également un autre type de toilettes japonaises, assez différent de toutes celles que nous avions vus jusqu’à présent.

Après 2 h 30 de marche dans la neige, nous voilà de retour au bus pour Nagano, qui tombera en panne en cours de trajet. Nous avons pu assister à la gestion de crise japonaise. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les problèmes se règlent rapidement et dans le calme, il n’y a pas eu une seule plainte des passagers. Un nouveau bus est arrivé et nous avons fini le trajet sans autres péripéties et nous pouvons retourner au temple de Nagano pour l’admirer la nuit tombée.

Nous avons profité de notre dernière occasion pour prendre des tempura à l’apéritif dans le même restaurant que deux jours auparavant, toujours aussi gentils et excellents.

Puis nous tentons une autre soba pour les goûter chaudes et allons dans une chaîne de restaurants spécialisés. Grave erreur, c’était la pire expérience culinaire du séjour.

Nous partons tôt de Nagano pour Takayama, la nouvelle étape du voyage. Pour le petit déjeuné, nous avons testé des boulettes de tapioca très bonnes.

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Après 1 h de Shinkansen, nous arrivons à Toyama pour prendre un équivalent de TER japonais. Le deuxième train nous permet d'apercevoir des paysages immaculés avec les arbres blanchis par de récentes chutes de neige.

Nous arrivons ensuite à Takayama. Après de brèves recherches sur ChatGPT et https://ichiban-japan.com/, le programme du jour se dessine :

Visite d’une fabrique de miso, visite d'une fabrique de saké

Puis nous nous baladons dans la ville.

Découverte d’un salon de thé typique tenu par une petite mamie d’un âge avancé. Nous y dégustons un délicieux matcha et un encas appelé zenzai (soupe de haricots rouges avec des boules de riz cuit parfumé au matcha).

Nous enchaînons ensuite sur une promenade dans la vieille ville.

En bonus, en fin de journée, nous allons dans un salon de thé tenu par Mamiya, une geisha de 74 ans. Voilà sa carte de visite (note du Matthieu du futur qui parle à présent couramment japonais : elle est à l'envers…) : toutes les geishas en ont une avec leur nom et la ville dans laquelle elles exercent. La légende veut qu’elles portent bonheur.

Ainsi, il s'agit d'artistes féminines traditionnelles japonaises qui pratiquent la musique, la danse. Par conséquent, elles brillent par leur maîtrise des arts traditionnels (danse, chant, instruments), des manières japonaises et par leur savoir-vivre. Mamiya nous a fait découvrir des traditions japonaises :

  • Nous avons pu découvrir les origami en créant une forme géométrique après avoir assemblé 3 feuilles

Ce moment restera une incroyable expérience de voyage.

L’hotel est spacieux et nous passons une bonne nuit. Nous découvrons aussi les techniques japonaises de travail du bois.

Départ de Takayama pour Kanazawa avec un arrêt prévu à Shirakawa-gō. Petit village avec des habitats typiques classés au patrimoine de l'Unesco. En sortant de l'hôtel, nous constatons que les chutes de neige ont été importantes, probablement une quinzaine de centimètres. Cela nous interroge sur la capacité à assurer un transport routier de qualité.

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Les routes sont enneigées. Un système ingénieux d'irrigation de route permet la fonte de la neige. En été, ce système sert à rafraîchir l'asphalte et nettoyer la route. Il s'agit d'une adaptation moderne d'une pratique traditionnelle (uchimizu) qui visait à nettoyer son trottoir en l'arrosant pour accueillir voyageurs et clients.

Sans surprise, le bus est à l'heure et nous arrivons sans encombre à destination. Nous sommes équipés pour l'hiver, la journée s'annonce fraîche et neigeuse. Ce site très touristique nous permet d'apercevoir un habitat typique (gasshō zukuri). La forme des toits est censée éviter l'accumulation de neige en hiver. Nous constatons que l'habitat moderne est aussi résilient aux conditions extrêmes (il semble y avoir moins de neige sur les maisons modernes que sur les traditionnelles).

Nous pouvions indiquer notre pays d’origine, notez la pastille sur Monaco.

Transits par le froid, nous faisons un arrêt dans un petit restaurant afin d'y déguster une délicieuse viande et un tofu au miso cuit sur un barbecue japonais (yakiniku).

Nous sommes le weekend des élections législatives anticipées du Japon, il y a de nombreuses affiches et de petits camions qui font de la propagande dans les rues des villes.

Nous repartons ensuite direction Kanazawa.

À notre arrivée, Kanazawa est également enneigée. Nous nous dirigeons vers notre hôtel. La chambre est très propre, et grande. Par ailleurs, il y a au centre de la pièce un petit tatami, ce qui donne une ambiance chaleureuse.

Direction le onsen pour Matthieu, repos pour Mathilde. Pour dîner, nous décidons de rester à proximité de l'hôtel, les trottoirs s'étant mués en patinoire. Nous tentons une expérience culinaire qui nous invite à la confection de nos sushi, maki, ainsi qu'à préparer un matcha dans la pure tradition japonaise.

L'expérience légèrement décevante sur le plan gustatif n'en demeure pas moins intéressante sur la découverte des traditions culinaires du pays.

Nous partons dans la matinée en direction du marché au poisson, qui est un lieu incontournable de la ville de Kanazawa.

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Dans ce marché qui rappelle nos marchés couverts français se mêlent stand de poissons, petit restaurant pour manger sur le pouce, stand de fruits et légumes, et commerces en tout genre. Des fraises attirent notre attention. Il s'agit de fraises blanches. À la dégustation, petite déception : les fruits sensés avoir un goût acidulé proche de l'ananas se révèlent légèrement insipides. Mathilde en profitera pour prendre un fishbowl et pour Matthieu ce sera un sandwich de pâte de haricots rouges et un hojicha. L'estomac plein, nous partons ensuite pour les visites du jour : les remparts du château de Kanazawa et la visite du Kenroku-en Garden, un des trois plus beaux jardins du pays. Les abords du château sont magnifiques, proposent de splendides points de vue et le manteau neigeux offre un peu de poésie à ce lieu. La visite du jardin, quant à elle, se révèle enchanteresse et nous en profitons pour faire un arrêt dans un salon de thé à côté d'une ravissante cascade.

Nous reprenons ensuite le cours de la visite dans le but de rejoindre les deux quartiers de geisha de la ville. Kanazawa étant reconnue nationalement pour les geishas. Par hasard, nous tombons sur une ancienne maison de thé de geisha, transformée en musée : visite très instructive.

Nous découvrons aussi le côté bling de la ville, elle est spécialisée dans la feuille d’or (comestible et en décoration).

Elle est aussi reconnue pour ses cafés, nous nous arrêtons dans l’un d’entre eux.

Après une étape pour se reposer, pendant laquelle Matthieu est en plein effort pour l’organisation des data days et la sélection des talks :

Nous dînons dans un petit restaurant de viande. Nous apprécions les différentes spécialités carnées et repartons repus de ce délicieux repas. Il s’agit de l’une des meilleures expériences culinaires du voyage.

Départ pour le marché afin d'y apprécier un petit déjeuner.

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Mathilde y déguste de délicieux sushis de calamar et de crevette. En raison de son aversion au poisson, Matthieu se rabat sur une autre spécialité locale, un rice bowl au bœuf de Noto. Commande assez inhabituelle qui semble surprendre les cuisiniers.

Nous partons ensuite pour la visite du quartier des samouraïs. Nous visitons la maison Takada, une maison ayant appartenu à une ancienne famille de samouraïs. Durant la balade, nous apprenons qu'il y a différents rangs dans la société, les chugens, serviteurs des samouraïs, ayant des conditions de vie assez difficiles.

Nous rencontrons également d'adorables volontaires japonais au sein de l'office du tourisme qui nous donneront quelques conseils pour la visite du quartier. Sur le chemin du retour vers l'hôtel de Kanazawa, nous passons devant une boulangerie d'inspiration française qui attise notre curiosité. Nous prenons un cannelé, un kouign-amman, des sandwichs et de petits pains.

Bonne surprise, le pain est bien meilleur que dans beaucoup de boulangeries françaises. Direction la gare pour un long trajet vers Hiroshima.